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Moi, je et mon ou ma

Pour tout ce qui a été : merci !
A tout ce qui est à venir : oui !
Dag Hammarskjöld

J'ai parfois du mal à avancer tellement je suis engluée dans des pensées, décisions, interrogations noyant tout le reste. Je crée moi-même une sorte de labyrinthe désespérant dans lequel je m'enfonce jusqu'à ne plus pouvoir bouger. Le sentiment d'impuissance et de panique qui en résulte est terrifiant.

                                                  
                                                               

Le plus extraordinaire est que je ressens physiquement ce désordre mental. Mon cœur bat plus vite, ma gorge est nouée et laisse passer juste un filet d'air, mes nerfs se tendent et paralysent tout mouvement.

Une seule solution dans ces cas là : fermer les yeux, respirer lentement et profondément, me fermer au monde extérieur jusqu'à retrouver le calme intérieur. Seulement ensuite pourrais-je reprendre là où j'étais bloquée et prendre des décisions sereines. Ou ne pas en prendre et me mettre en retrait. 


Depuis quelques jours, j'ai eu l'occasion de prendre de ces décisions qui sont autant de changements acceptés dans ma vie. Je n'en vois pas encore les effets, c'est sur du moyen terme, mais je les ai prises. J'apprends à me connaître, à m'accorder du crédit, de l'importance. J'apprends à me détacher des modèles qui m'ont certes servi jusqu'à maintenant mais qui ont aussi parfois entravé ma capacité à décider par et pour moi-même.

Il y a un équilibre subtil à trouver pour vivre harmonieusement avec soi-même et le monde extérieur. Parce que ce monde n'est extérieur qu'en apparence.  Il est en fait le prolongement de mon esprit. Je le réinvente à chaque seconde. Ce qui ne signifie pas qu'il n'est pas réel mais que je dois tenir compte de mes réactions et non de celles des autres. Et que j'accepte que de temps à autres, mes décisions ne soient pas populaires. Ce seront mes décisions qui ne le seront pas. Pas moi. Et si, par extraordinaire, je devenais impopulaire, soit.

                                                                              

Montagne1

Il est plus compliqué de vivre avec soi même qu'avec les autres. Chaque facette de personnalité est importante, consciente de son existence et le fait savoir parfois à contretemps quand une action lui déplaît. Je ne suis pas seule à l'intérieur de moi-même.

Ce matin, je me disais que j'avais du mal à penser clairement à un objectif. J'ai des difficultés à en isoler un, et un seul sur lequel me concentrer. Comme si mes yeux intérieurs allaient et venaient sans répit, sans pouvoir se poser un seul instant. Et j'ai "vu" une vitrine de magasin. Le magasin dans lequel sont mis tous mes projets, mes désirs, mes envies. Peut-être aussi mes peurs, mes colères, mes doutes. Et ce magasin est sombre et poussiéreux. La vitrine est sale, démodée. Pas étonnant que je n'arrive pas à visualiser clairement un  désir...

Donc, à partir de ce matin, je vais commencer à explorer ma ville. Parce qu'avec un immeuble et une boutique, pour moi, c'est déjà une ville. Et je vais commencer par refaire entièrement à neuf cette boutique. Je la veux claire, spacieuse, gaie, avec de beaux espaces de rangement et de présentation dont j'ai besoin.

Ne vous en faites pas, vous serez invités à l'inauguration.

Allez, bonne journée.

Bénédictions

En te levant le matin,
rappelle toi combien précieux est le privilège de vivre,
de respirer, d’être heureux.
Marc Aurèle


Voici le premier matin sur la première Terre. Le premier sourire. Je me suis éveillée avec cette joie particulière, pareille à l'océan qui danse avec la plage. Le même flux et reflux, cette énergie tout entière tournée vers la vie, le mouvement. Je la sens parcourir mes veines, accompagnant le sang dans une course enfantine. Je me sens prodigieusement vivante.

Et je remercie. Je suis incroyablement re-connaissante d'être et d'être consciente de l'être (de l'Etre).

Cette bénédiction qui a attendu patiemment mon éveil ce matin, voilà que je la partage avec vous en larges brassées, parce que l'Amour, comme la Joie grandissent avec le partage.

L'image qui me vient ce matin est celle d'une chaine qui parcourt la Terre, puis l'Univers, une chaine formée de billions de millards d'êtres vivants qui se passent en riant et chantant de mains en mains la palpitante, vibrante, roucoulante Lumière qui préside à toute vie, et ce dans un joyeux brouhaha. Et ça fait comme une ondée qu'on ne perçoit qu'à peine mais qui emplit chaque molécule vivante de sa Beauté. Respirez à plein coeur, vous êtes vivant et magnique

Allez bonne et heureuse journée

La cible, la flèche ou l'archer ?

Quand tu rencontres un obstacle, fais-en ta cible
                              Paul Smith



Il y a quelques années, cette phrase, ainsi que "les difficultés ne sont pas faites pour abattre mais pour être abattues" me parlaient, me plaisaient. Je sentais bien ce qu'elles sous-tendaient et j'étais en accord avec ce message qui me parlait de force, de combat, de rigueur, d'attention. Il y a quelques années, je luttais contre moi pour devenir une guerrière. Pour bien vivre le combat de la vie, pour lutter contre mes penchants naturels à l'indolence. Je me faisais violence.

Avez-vous remarqué comme tout dans l'intention exprimée est agressif ? Et ce n'est pas forcément mauvais mais tout à coup, ce matin, cela m'a frappé. J'aime l'image de l'archer. Et ce que j'aime dans cette image, ce n'est pas la cible ou l'adresse de l'archer, c'est la globalité de l'arc de la flèche, du corps et de l'attention, c'est la beauté de ce mouvement dans l'espace et le temps que cela représente.

                                                                             Arc_et_fleche : Artistic Ornamental Bow, Arrow et Arrow Holder (Tashkar) en perspective

Quand j'ai lu cette phrase de Paul Smith, ma première réaction a été "bonne phrase pour commencer mon billet de demain". Parce que cela me semblait tellement vrai. Mais cela, c'était avant-hier. Et en deux jours, croyez-moi, j'ai rencontré tellement d'obstacles que je pourrais ouvrir un musée. Seulement, quand j'ai relu cette phrase de P. Smith ce matin au moment de commencer à écrire, je ne l'ai plus comprise de la même manière. Les obstacles que je rencontre sur ma route en ce moment n'ont rien d'infranchissables. Ils ne sont gênants que parce que j'en fait des obstacles. JE, Moi, l'habitude que j'ai de transformer en chose à vaincre tout ce qui ne correspond pas à l'image, l'idée, le désir que j'avais au lieu de m'arrêter pour regarder ce que j'ai devant moi.
                                                                                             
                                                                                               

Et tout à coup, voilà que je ne trouve plus d'obstacle à vaincre, à surmonter, à abattre. Pas de cible à toucher, pas d'épreuves à remporter. Rassurez-vous, je ne suis ni morte dans la nuit, ni devenue parfaite. Mon regard a changé, ma perspective a évolué. La seule épreuve qui m'attend est celle que je dois développer. Comme en photographie (autre art qui me parle énormément). Et comme en photographie, voilà le seul négatif qui peut avoir un sens dans ma vie.
                                                                                                
On peut donc en conclure qu'à partir de ce matin, quand je rencontrerai un  obstacle, je m'arrêterai quelques millièmes de secondes pour l'observer, ou plus exactement, pour observer ce mouvement que constitue moi, l'obstacle et l'espace entre nous, je lui/me demanderai ce que cela signifie et je laisserai la fluidité de l'archer en mouvement me guider. Mais avec un regard de bienveillance à mon égard  pour les à-coups dans ma compréhension de la vie.

Allez, bonne journée

rêver ou vivre ?

Que font les trains quand ils rentrent au dépôt ?
Ils rêvent les rêves que les voyageurs ont laissé derrière eux



Hier matin, il y avait du brouillard. J'aime bien cette sensation d'un monde juste derrière ce voile. Comme l'impression que j'éprouve en hiver avec les reflets des lampadaire dans la Seine. J'y vois toute une cité inversée avec des colonnes d'or tremblant. Dès que le jour se fait plus court, tout devient si aisément possible. Chaque feuille, chaque ombre cache une fée, chaque arbre entame sa lente danse vers le sommeil, lançant l'or rouge ou blond de ses feuilles pour dérouler sous nos pas un tapis somptueux, l'air devient attentif et d'une clarté piquante, embaumant le bois.

                                                                                            banc sous arbre 1 bluemoon stock   

Il est plus facile de penser, rêver et se laisser atteindre quand tout est adouci par la nuit. Je me garde moins dans l'obscurité. Je laisse venir à la fenêtre l'elfe des chemins ombreux. Elle n'a pas sur le monde extérieur le même regard que moi. Quand elle ferme les yeux, le train bondit sur une voie irisée et souple qui trace ses courbes dans un monde toujours en mouvement, chaque oiseau chante son bonjour, son conseil ou son rire de façon parfaitement claire, chaque objet, chaque immeuble a un écho à peine visible et chaque être humain est un enfant en quête d'aventure.

Et puisque j'en parle, l'aventure d'aujourd'hui m'appelle et je cède à son chant de sirène

Rejoignez votre propre aventure et vivez-la intensément

Allez, bonne journée

Un chemin

 

Dans le cœur de chacun il y a un chemin, caché, et rarement pris, qui conduit à un endroit secret, inconnu.
                Chef Luther Standing Bear


Qu'ai-je à craindre de cet endroit inconnu s'il est en moi ? Qu'ai-je à craindre s'il est moi ?

Je suis probablement la personne que je connais le moins. C'est plus facile de jeter un regard sur l'autre, de creuser un peu et de remettre la terre sur le trou si  je n'aime pas ce que je vois. Mais si c'est en moi que je creuse et que je tombe sur quelque chose que je n'aime pas ? Ce qui ne signifie pas que ce qui m'effraie est laid ou négatif. La beauté aussi peut être effrayante si elle dépasse ce que l'on connaît. La beauté et l'amour.

En fait,si je veux être claire avec moi même, tout en moi a des chances de m'effrayer en dehors de la partie familière que je vois dans la glace le matin ou que je sens (de plus en plus) quand je descends un escalier ou que je remonte une rue en pente.L'être de mon être, ce coeur ardent qui est le point de départ de mon incarnation, le battement universel qui danse avec l'écho du Battement divin, je ne le perçois qu'aux moments de grâce ou ma peau devient si souple et transparente que mon coeur d'Etre peut s'embraser d'un coup et éclairer l'Univers sans que je sois anéantie. Cest tellement bref que c'est son souvenir qui me fait soudain jubiler et m'emplir de cette Grâce qui est essence pure de Vie (la fameuse "fontaine de jouvence").
                                                                             

Et il a l'aspect Mr Hyde que je ne peux pas aimer. Pourtant, cela aussi est moi. Il faut que j'ai le courage de regarder de plus près, de voir ce que je cache derrière la laideur, la difformité. Je ne peux pas être complète et passer au stade suivant si je ne me sens, vois et accepte pas dans mon  intégralité. Ce qui est dérangeant n'est pas la différence mais l'incomplétude. C'est de sentir que de cet être fragmenté qui naît de l'incarnation, je n'arrive pas à faire un être entier. Pourtant, naître au monde dans lequel je suis aujourd'hui, à cet instant, c'est exploser en milliers de parcelles, lumière, ombre, courbes et angles, profondeur et creux, inspir et expir, Big-Bang qui a eu lieu pour chacun, venant d'un Tout qui était sans exister à un trois fois rien qui existe mais n'est pas encore. Et la peur, la douleur, l'incompréhension, le refus, ce doit être ça, cette souffrance de l'éparpillement qu'on ne peut envisager sereinement que lorsqu'on prépare le voyage. Quand tu plonges au coeur de cette sublime confusion qu'est vivre, ce n'est plus pareil. Tu ne te projettes pas ou plus, tu es projetée.

Oh, je pourrais continuer toute la journée (ou presque) mais je n'ai plus le temps. Ou plutôt, je sais que j'ai tout le temps du monde mais j'en dois une partie à un bout de ma vie. Mais il y a peut être un tout petit peu moins de confusion ce matin, un tout petit pas en plus sur ce chemin.

Allez, bonne journée
Pour tout ce qui a été : merci !
A tout ce qui est à venir : oui !
                         
Dag Hammarskjöld (*)



Et merci pour la maladresse, la lenteur et l'imprécision avec lesquelles j'ai commencé cette journée.
Parce que cela fait partie de moi, des cadeaux que je me fais. Même si un immense sourire se lève en même temps que moi, des centaines de minuscules détails peuvent, très tôt dans la journée, assombrir ma belle humeur matutinale et commencer à accumuler des petits nuages microscopiques en vue d'un lointain mais toujours possible orage dans la journée.
Merci donc parce que le fait de l'écrire a dissipé les nuages... pour un temps.

Et oui à ce que je suis dans ma totalité. Oui à ce que me réserve cette journée.

                                                                                                            


nuages et lumiereTrop souvent, je ne considère que le côté positif, agréable, valorisant de mon caractère. Je veux bien améliorer l'autre mais je préfère le faire en privé. Je suis mortifiée lorsqu'un mouvemen d'humeur plus rapide que les autres, laisse fuser le côté sombre, malcommode et peu esthétique qui est pourtant tout autant "Moi". Mais ce n'est pas le joli "Moi". Même seule face à moi-même, je ne regarde pas franchement cet aspect de ma personnalité et je ne lui accorde pas ma tendresse sans batailler.

Aujourd'hui, je souhaite la bienvenue à mon Moi entier. Le joli souriant à l'impatient, l'égoïste acceptant de marcher main dans la main avec le rêveur, le trouillard écoutant les longs discours du professeur. Aujourd'hui, les différents éléments qui composent cet
être humain complexe et toujours en formation vont marcher, décider, regarder, subir, accepter, proposer, construire ensemble.

Et quoi que me réserve cette journée, ce que je pose maintenant et qui sera valable jusqu'à mon coucher est que je remercie pour toutes les opportunités, pour tous les évènements, toutes les leçons à venir. Et que j'accepte leurs conséquences Que je m'autorise des mouvements d'umeur, de découvragement, des envies de mordre en parallèle à mes pas de danse, à mes éclats de rire, à mes élans de tendresse et aux vagues de joie réégulières qui rythment ma vie.

Je vous souhaite pareillement une journée de découverte de vous même. Vous verrez que vius aurez des surprises ... 


Allez, bonne journée !
.

(*) Dag Hammarskjöld né le 29 juillet 1905 à Jönköping en Suède et mort dans un accident d'avion le 18 septembre 1961, en Rhodésie du Nord (l'actuelle Zambie) est un diplomate suédois, qui fut secrétaire général des Nations unies de 1953 à 1961. L'année même de sa mort, survenue avant la fin de son mandat, le prix Nobel de la paix1 lui fut décerné à titre posthume.

Novembre, ma Neuve Ombre

Je sens que la lumière se répand dans mon esprit à proportion que je le désire,
et que je fais pour cela un certain effort que j’appelle attention.

                      Malebranche*


Nous sommes entrés en Ombre avec le mois de Novembre. Et cette ombre, contrairement à ce que l'on pourrait en penser, favorise la Lumière.

Parce que, pour être tout à fait honnête, je ne rechercherais pas autant la Lumière en plein mois d'été, quand sa manifestation la plus évidente me baigne tous les jours. Alors que là, tous les matins, je quitte le confort douillet de ma couette pour me glisser dans l'ombre de l'aube comme on entre timidement dans une eau d'abord trop fraiche, tous les muscles tendus. Et quand je rentre le soir, c'est l'ombre du crépuscule qui se pose sur mes épaules comme une cape souple. Et même si dans la journée, j'ai eu ma dose de soleil et de ciel bleu, mon ressenti est que dès Novembre, je vis dans l'obscurité.

Sans cette obscurité, rechercherais-je avec autant d'ardeur la Lumière ?
Sans Novembre, comment accueillir Mai ?
                                                                                                                                   

Je le disais l'autre jour, l'hiver est pour moi une saison bénéfique car elle est celle où l'on entre dans le dépouillement, où  le regard n'est plus distrait par le foisonnement des feuilles et des fleurs. Ce qui reste exposé est le squelette, la structure même. Et j'ai toujours été touchée par la beauté des arbres dénudés, de la terre endormie. Parce que derrière cette nudité de la vie, palpite la promesse du Renouveau. Parce que l'air a ce parfum de cristal, cette senteur de feu de bois, piquante et tonifiante qui fait naitre un sourire chez l'enfant que je suis restée, juste derrière l'adulte. Parce que j'aime les volutes de fumée qui s'élèvent des cheminées.

Cette année, particulièrement, au lieu de sombrer dans la léthargie de l'hiver naissant, je sens une acuité, une vigilance vibrer partout en et autour de moi. Au coeur de la nuit, l'espoir poste toujours un Veilleur. Celui qui reste, attentif, dans la lumière de la torche. Cette année, je suis une petite partie de ce Veilleur, une étincelle de chaleur et de lumière,  Cette année, je suis consciente et éveillée. Cette année, je rejoins Nicolas Malebranche dans son accueil de la Lumière.

Allez, bonne journée                                                                   

* Nicolas Malebranche, né en 1638, ordonné prêtre en 1664, découvre, cette même année 1664, le Traité de l'homme
de Descartes (trouvé par hasard chez un libraire du Quai des Augustins à Paris). Il en est "extasié" et va désormais se consacrer à la
philosophie.
Ce prêtre de l'Oratoire, dont la vie se confond avec ses pensées et ses écrits, a réalisé une œuvre considérable, parmi
laquelle nous citerons:
De la Recherche de la Vérité (1674-75), les Méditations chrétiennes (1683), Les Entretiens sur la métaphysique et la religion (1688).


Et pourquoi pas aujourd'hui ?

Aujourd'hui est LE jour.
Aaahhh ! me direz-vous, le jour de quoi ?
C'est là en effet que cela se corse.
C'est LE jour, mais je ne sais pas encore de quoi.



En fait, chaque jour est LE jour. Chaque matin est celui où tout va trouver sa juste place, où les réponses que j'attends depuis longtemps vont se révéler, le jour où la fortune va me sourire .. Chaque jour est le jour où JE regarde dans la bonne direction. Tout est affaire de regard. Marcher dans une flaque d'eau que l'on n'avait pas vu peut générer deux réactions : l'une, agacement et colère, on secoue son pied en grommelant et on attrape un mauvais rhume ; l'autre, on sourit en pensant que toutes les fois où on a délibérément sauté dans une flaque d'eau (bon d'accord, l'âge n'était pas le même). Et tout est de la même eau ... si je puis dire.

                                                                       

Donc, aujourd'hui, cet aujourd'hui qui n'appartient qu'à moi, est LE jour. Tout est encore caché, bien au chaud dans ce futur qui n'a encore ni forme ni nom. Et quand j'évoque ce qui m'attend, je trouve magnifiques les contours flous qui peuvent être n'importe quoi. N'importe quoi, certes, mais n'importe quoi de bon et de beau. Même au plus fort du possible orage de colère de la journée -parce qu'il y a aussi des obstacles, des moments pas trop agréables dans cette journée décisive - ce sera beau et bon parce que je le vivrai complètement, parce que ce sera mien, parce que chaque décision,  chaque action, chaque victoire et, oui, chaque problème aussi, tout cela sera à 100% mien.


Et si je tombe une ou deux fois, si tout n'est pas complètement parfait, bien. Ce sera la leçon du jour. Rien, jamais, n'est perdu. Rien, jamais, n'est inutile.


Alors aujourd'hui, puisque tu n'attends que moi pour commencer ... Merci, je t'aime                   


Allez, bonne journée
Je me suis levée, je me suis lavée,
j'ai enfilé ma vie et je suis partie



Il fait encore nuit dehors puisque nous avons changé d'heure. Tout est calme. Occasionnellement, des bruits de pas coupent le silence puis s'estompent et le calme reprend sa place.

                                                                                         
Ma journée est commencée mais elle n'appartient encore qu'à moi. Mes pensées, mes désirs, mes craintes, la forme que prendra, minute après minute ce jour encore tiède de son émergence, nul ne les connait, pas même Dieu qui a l'immense courtoisie de Se laisser la surprise de découvrir ce que va faire Son enfant.
J'aime cette heure si paisible. Une fois la porte de l'immeube poussée, une fois le premier pas dans la rue amorcé, la fraicheur du matin engloutira les derniers restes d'une belle nuit pleine de rêves et l'énergie commencera à diffuser ses messages d'urgence dans tout le corps.


Nous ne serons pas nombreux dans le train ce matin, ce vendredi fait partie d'un week-end de pont. Hier, c'était le 1er novembre, jour célébré presque partout. Jour des Saints, jours des morts, jour du passage d'un hémisphère à un autre pour le Petit Peuple. Quelle que soit son appellation, ce jour reste chargé de puissance émotionnelle ou spirituelle. Dans l'année, c'est aussi un passage. Me voilà projetée de l'autre côté de l'été, dans la saison de l'abandon.

C'est une saison que j'aime bien, qui permet de faire un grand feu et d'y jeter les broussailles, les herbes et les pensées sèches, les colères et envies devenues inutiles, bref tout ce qui encombre et ne sert plus à rien, est dénué de vie. C'est la saison ou une fois les obstacles et les choses mortes enlevées, on a une vue plus claire de ce qui reste de l'année passée. On met soigneusement les graines précieuses de côté en attendant les premiers jours du Renouveau, le temps où il faudra les mettre en terre et on se repose. C'est le temps où tout ce qui avait été laissé de côté dans la frénésie de l'action peut être repris, ré-examiné. C'est le temps où on a du temps.

                                                                                                                                                         
En attendant, le matin s'ébroue dehors. Ce n'est pas encore le moment où je me pose pour lire, réfléchir, profiter d'un bon feu et d'un bon livre.
Plongeons dans la fraicheur matinale.
                                                                                                   

Allez, bonne journée

désordre

Il en est qui pensent qu'il est difficile d'être un ange
En vérité, il est difficile d'arriver à être un homme
         Aphorisme juif



La journée d'hier a été très dure. Je l'ai très mal vécue et elle me l'a bien rendu.

Ce qui s'est passé si j'y réfléchis bien, c'est que j'ai mal pris le premier tournant de la journée, celui qui passait de "il fait bon, quelle belle matinée même s'il est un peu tôt à mon gout" à "et pourquoi ce serait à moi de me pousser pour laisser de la place à cette personne renfermée qui ne fait aucun effort ?". Et à partir de ce moment là, j'ai eu beau être vigilante, des poussées de mauvaise humeur ont grandi tout au long de la journée et j'ai fini par ne plus rien accepter de ce qui arrivait.



Or, en elle-même, la journée était aussi neutre que les autres. Les problèmes qui se posaient n'était ni plus ardus ni plus insurmontables que d'autres. Certains arrivaient même avec leur solution. Mais je n'avais pas envie de faire un effort, je n'avais pas envie de faire taire ma colère grandissante, j'aurais aimé que tout le monde constate l'injustice flagrante à laquelle j'étais confrontée, admire avec quel sens du devoir je faisais miens et réglais des dossiers qui étaient à d'autres (qui, eux, ne les réglaient absolument pas). Bref ... J'avais environ 6 à 7 ans !

Et le pire, c'est que je sens que la journée d'aujourd'hui risque de subir le même sort ... Car à la seule pensée de quelques unes de mes collègues, je sens le bouillonnement de la colère toujours pas calmé, là, tout au fond. Et il ne s'en faudrait pas de beaucoup pour que j'explose une nouvelle fois. Alors qu'il ne tient qu'à moi de tout changer et de vivre une vraie belle journée.

Qui va réussir ? L'enfant de 7 ans ou l'adulte ?

Allez, bonne journée